06/05/2005

LA HAINE au fond de TOI.

Où sont passés ma haine, ma colère et mon fiel?
Aux oubliettes, enterrés au passé digéré par des vers
qui ont fait leur ouvrage de rogner jusqu'à l'os
la pourriture d'une chair qui ne gangrènera plus les organes vitaux.
 
Sans colère, sans haine et le fiel sec, ma vie passe sans heurts
les heures, les jours et les semaines,
des non-évènements se produisent sans surprise,
tout est recevable sans être à accepter pour autant,
et les mots que j'entends des uns ou des autres
n'attendent aucune réponse.
 
Ils ont le dernier mot,
Je le leur laisse autant que cette croyance populaire qui dit que c'est le dernier qui a parlé qui a raison.
 
Leurs mots, leurs maux se mêlent dans de grandes certitudes que je n'ai pas,
les certitudes se nourrissent de combats
et les combats leur font vomir une intolérance sur les pieds de ceux qui pensent tout autrement.

Combien de temps encore leur agressivité viendra revendiquer
à leur place ce qu'ils sont ou ce qu'ils ne sont pas.
 
Combien de temps encore faudra t il par la force,
les poings serrés, et la bouche prête à mordre,
imposer les idées plutôt que les faire accepter et les partager.

Si je te dégoûte,
Si je ne suis pas conforme aux images fixées dans ta prunelle,
Si je fais tache dans le tableau qui dégouline de ton esprit
alors sors moi du cadre doré à l'or fin par tes soins. 

Si je suis digne de ton lit mais impropre à ta vie
alors dors seul et peuple tes nuits du cauchemar de ta solitude.

Si tu m'aimes dans l'ombre de ta vie et qu'en pleine lumière
tu trembles des regards qui pourraient te détruire par leur jugement dernier
qui te touche bien plus que tu ne veux bien te l'avouer alors ferme les yeux,
derrière les paupières closes,
le noir absorbe jusqu'aux derniers contours
les murs de la honte qui se dressent en plein jour.

Je ne suis pas en colère,
 "Va je ne te hais point " 
Tes maux restent les tiens,
ceux qu'à travers des mots trop souvent malmenés,
tu attribues aux autres pour ne pas te mouiller de larmes
que tu refuses d'accepter dans tes yeux aveuglés par ta mauvaise foi.

Tu as tout compris n'est ce pas?
 
Tu peux tout accepter
Tu as tout dépassé
Tu peux tout comprendre, tout entendre...
Tu peux dire qui je suis et même pointer
d'un doigt accusateur ce que je ne suis pas.
 
Je vais, je viens car tu ne me hais point...

De notre tour d'ivoire nous observons les autres en refusant de croire qu'ils nous observent aussi.
 
Tu n'es pas invisible, tu n'es pas transparent,
à force d'observation tu oublies le vivant,
principalement celui qui est en toi.
 
Et tu dresses des murs et des murs avec la souffrance des autres,
des murs de lamentations sur lesquels viennent pleurer ceux dont les torrents de larmes grossiront un canal lacrymal que tu as obstrué depuis longtemps déjà car un dieu ne pleure pas.

Est ce que le diable pleure?
Oui, je crois...
 
car j'ai pleuré hier de n'avoir pas reçu un seul regard de dieu
qui considère sûrement qu'au fond de ma pupille
du rouge brille encore un peu juste à le regarder.

Combien de temps encore faudra t il prouver qui l'on est,
et surtout tout ce que l'on n'est pas?
 
Tout ce que l'on n'hait pas...

 
Frany.
 

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